Nous abordons les applications de la sophrologie au sport et l’une des grandes spécificités de son approche: liant mental et physique dans une même méthode, elle s’avère particulièrement intéressante pour le sportif. Mais concrètement, comment cette complémentarité peut-elle se travailler en sophrologie? Afin d’expliciter, voici un cas réel rencontré lors de l’accompagnement en sophrologie d’un sportif.

Un jeune skieur en équipe nationale et spécialiste de la descente se présente pour un accompagnement individuel. Il se dit trop tendu lors de ses départs et avoue timidement éprouver une peur diffuse et inexplicable.

Son appréhension génère une tension excessive qui perturbe ses appuis; il perd systématiquement quelques centièmes.

Il faut tout d’abord savoir que la peur est un agent stressant qui provoque immédiatement et systématiquement une réaction organique: la libération massive d’adrénaline, en association avec l’augmentation du sucre dans le sang, génèrent des contractions tant des muscles striés que de la musculature cardiaque et lisse.

Aussi, en prenant conscience de ces tensions et en apprenant à les relâcher au bon moment, le sportif peut provoquer une réponse “rétroactive” qui permet de corriger le sentiment de peur initial. Le corps perçoit cette détente comme le message qu’il n’y plus de danger et donc que le sentiment de peur qui lui est lié peut disparaître.

Ce principe est fondamental dans la préparation des sportifs, quelque soit le sport.

Il est donc question à la fois de travailler sa peur (mental) et le niveau de tension qui lui permet de générer une boucle rétroactive limitant le sentiment de peur, ceci lui permettant par ailleurs de retrouver ses appuis affinés lors des entrainements (physique).

Dans ce cas, des techniques de projection, dites de “sophro acceptation progressive” ont été utilisées afin que le jeune skieur apprenne à s’approprier et donc percevoir ses descentes avec une appréhension acceptable et qu’il développe une confiance accrue.

En parallèle, des exercices de détente spécifiques à son cas ont été développés puisque son plastron de protection l’empêchait d’utiliser les outils courants de respiration. De même, il devait être détendu mais rester “à bloc” pour “attaquer” la piste; la relaxation classique était donc tout à fait inadéquate.

Des outils de relaxation dynamique, détente par le mouvement également spécifique à la sophrologie, ont donc été développés afin de maintenir un niveau d’activation finement adapté tout en permettant une détente suffisante pour être dans les gestes techniques justes.

 

Auteur : Alice van Gilst, sophrologue indépendante / www.alicevangilst.ch